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La primauté dans la peinture.

II est évident que le trace du Tintoret est anime d'un esprit tout différent. Son premier grand succès, Saint Marc libérant l'esclave montre déjà, en 1548, que le Tintoret pouvait exécuter des miles infiniment plus dramatiques que Titien, alors à son apogée. On prétend qu'une devise - a Le dessin de Michel-Ange et la couleur de Titien » - était inscrite sur un mur de la bottega du Tintoret. Artisan diligent, il cherchait à recueillir des enseignements de fouler les sources possibles, il ne manquait pas une occasion d'acquérir modèles, croquis et antiquités qui lui suggéraient de nouvelles idées. Les autres peintres le jugeaient terrifiant ; il aurait tout tenté pour obtenir - le plus souvent avec succès - des effets surprenants. II exécutait les commander avec une extraordinaire célérité et se montrait extrêmement agressif lors des contours ouverts par les scuole et les administrations. Ses méthodes lui valurent quelques ennemis. L'un des membres de la Scuola di San Rocco, lorsqu'on lui demanda de l'argent pour achever la salle de réunion, posa comme condition à sa participation financière que le travail ne serait pas confié au Tintoret. Mais les partisans du peintre n'étaient pas moins véhéments et celui-ci emporia le contrai en 1564. II l'emporio en trichant, mais l'exécuta mieux que n'aurait pu le faire n'importe quel autre artiste ; bon nombre de ses chefs-d'œuvre se trouvent à San Rocco. Le Tintoret peignit beaucoup pour le palais ducal avant les incendies ; il en dirigea, avec ses assistants, la nouvelle décoration. Nous possédons ainsi de nombreux témoignages de la diversité de son talent, des immenses scènes de bataille de la salle du Grand Conseil aux gracieuses fantaisies païennes de l'antichambre du Collegio. Mais le Tintoret était avant tout le peintre des grandes scènes dramatiques, un homme du peuple qui représentait les miracles avec une foi absolve et une vigueur extraordinaire.
Après sa mort, en 1594, des peintres d'un talent bien médiocre en comparaison produisirent tableau sur tableau pour répondre à la demande créée par les œuvres des trois grands maitres, Titien, Véronèse, le Tintoret. Ils éclipsèrent bien des artistes doués, comme Paris Bordone et Lorenzo Lotto. Comparée à celle de noire époque, la demande de tableaux paraît alors insatiable. Certes, à l'origine, le style de la décoration intérieure créé par Coducci pour les églises de la Renaissance vénitienne et perfectionné par Palladio excluait les toiler, la mosaïque ou les ornementations colorées sur les murs et les voûtes. Ils étaient recouverts de stuc, comme les colonnes encastrées et les entablures, et repeints assez fréquemment en blanc ou en crème. De celle façon, Palladio pouvait contrôler la couleur, la qualité et la quantité de lumière. » (Ackerman), et obtenir à l'intérieur de ses églises, grâce au seul éclairage, une sorte d'effet pictural. Les chapelles adjacentes cependant nécessitaient une ou plusieurs peintures sur des thèmes appropriés. En outre, de grandes toiles ornaient non seulement les murs des bâtiments publics et des salles de réunion des scuole, mais aussi les palais des nobles. L'intérieur de la villa Barbaro que Palladio édifia à Maser, près d'Asolo, resplendissait de fresques de Véronèse. Au XVIII siècle, l'un des peintres qui pratiqua ce type de décoration intérieure, Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), manifesta un génie qui fit à nouveau de Venise, pendant plusieurs années, la capitale artistique de l'Italie quelle avait été au XVI. La spécialité de Tiepolo était la peinture de plafonds qui semblaient s'ouvrir sur une pyramide de nuages peuplés d'anges, de chérubins et d'allégories sacrées ou symboliques, au milieu desquels s'intercalaient les représentations des saints patrons, tour brossés dans des coloris d'une brillance extraordinaire. La Scuola dei Carmeni, l'église des Gesuati et le Palazzo Rezzonico en sont quelques-uns des nombreux exemples. Les travaux qu'il exécuta hors de Venise, à Milan, A Wurzbourg et à Madrid sont tout aussi célèbres. L'un de ses fils, Giandomenico Tiepolo, bien qu'il ait été presque complètement éclipsé par son père comme peintre décoratif, possédait un très réel talent de peintre de genre. Le plus créatif dans ce domaine - caractérisé par la représentation de petites scènes de la vie familiale et sociale vénitienne - fut cependant Pietro Longhi.
Venise était si célèbre au XVIII siècle pour les trésors artistiques de ses palais, de ses églises et de ses salles de réunion, que le Conseil des Dix dut prendre des mesures pour les inventorier et éviter qu'ils ne soient achetés et emportés par de riches étrangers.

Source ISBN 88-06-17354-5

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